mar 26 2008

Le suicide commercial des grands groupes 2

Publié par fred à 15:55 dans la catégorie humeur

Banques francaises

Je recherchais aujourd’hui les coordonnées d’une banque en France à côté de chez moi, afin de poser des questions sur l’éventualité d’une ouverture de compte professionnel pour ma société.

Récit d’un parcours du combattant :

Phase 1 : trouver une banque en France

Via une recherche dans les pages jaunes, je me retrouve face à un choix de 12 agences dans ma localité de résidence.

Mon 1er réflexe : éliminer toutes les coordonnées des banques ne laissant pour seule possibilité qu’une ligne surtaxée façon 0820 pour les contacter.

Pas par radinerie, mais par principe : on ne met pas de barrière entre soi et ses clients, sinon on se coupe de ce qui fait l’essence même d’un acte commercial : la relation (le BéABA).

Je me penche donc sur les rares agences disposant d’un numéro d’appel direct, 4 enseignes sur 12 en l’occurrence. Voilà le résultat :

- une des agences me répond qu’ils n’ouvrent pas de compte pour les sociétés étrangères (ma Sarl est basée au Grand Duché de Luxembourg).

- la seconde agence ne dispose pas de ce type de services dans l’Est de la France, et ne prend de toutes façons en considération que les clients dont le CA et supérieur à 10 millions d’euros (méoué !).

- la 3ème est actuellement fermée (à 11h15 un mercredi !!!)

- la 4ème prend mes coordonnées et me dit qu’on va me rappeller. Elle me rappelle et doit vérifier, j’attends encore.

Analyse à ce stade : les banques françaises sont tellement recroquevillées sur elle-même qu’elles refusent de faire du business, engoncées dans leur règles merdiques pondues par des technocrates financiers, et oubliant qu’un client pro commence rarement une activité avec un CA de cette taille (l’important étant le % de RN à mon avis).

A côté de ça, j’ai déjà 2 versions différentes. Plusieurs noms d’oiseaux pleuvent dans ma tête, mais mon “moi conscient” m’interdit de les balancer dans le téléphone. :mrgreen:

Phase 2 : contacter un organisme bancaire de référence

J’appelle donc la Banque de France, en me disant qu’ils sauront peut être me renseigner. Résultat : niet, nada, peanut, quedalle ! Le vide le plus total.

Bon… Je demande à être client dans une banque française, et je dois me battre pour y arriver. Va comprendre pourquoi ce pays se porte aussi mal après ça !

Allez fred, courage, la libre circulation des biens et des services doit bien avoir une réalité quelque part !

et bien la réponse est non, enfin si, mais non, enfin ça dépend.

Phase 3 : contacter un être humain qui me connait

C’est finalement mon chargé de compte perso (en France aussi) qui m’apprend la chouette nouvelle : il paraîtrait que c’est interdit par la loi si l’on a pas de locaux en France.

mmmmh, la célèbre loi de schengen sur la libre circulation en prend un coup dans sa face, non ?

Alors je me retourne vers ma banque à Luxembourg. Après tout si je me suis installé dans ce pays, c’est pas seulement pour la fiscalité mais aussi et surtout pour leur efficacité et leur pragmatisme dans le business.

Ma question fut simple : une société française peut-elle ouvrir un compte pro au Luxembourg sans domiciliation physique ?

La réponse l’est aussi : oui (noooon, siiii !), d’ailleurs certains des clients de mon portefeuille en sont. Il faut juste pouvoir justifier de la raison de ce choix.

Phase 4 : bilan

J’ai besoin d’un compte bancaire pro en France pour ma boîte luxembourgeoise, afin de recevoir les virements de certains organismes qui ne peuvent émettre de virements transeuropéens (Google par exemple).

En France, les banques sont tellement à côté de la plaque qu’elles ressemblent de + en + à l’administration du pays : inaptes, mal informées (au sens 1 avis différent par appel), désintéressées par le business. Une grosse bande de nazes quoi.

Au Luxembourg, comme d’hab, c’est le pragmatisme et le sens de la relation commerciale qui prime : on s’intéresse aux “petites” boîtes parce qu’elles représentent les futurs gros clients ; et qu’en les accompagnant aujourd’hui on les retrouvera demain en portefeuille.

Je vais donc probablement aller négocier les frais avec ma banque au Luxembourg et laisser la France de côté, pour les raisons pour lesquelles je ne m’y suis pas installé : incompétence, lourdeur, inintelligence des organismes privés ou publics chargés d’aider au développement des entreprises.

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3 commentaires dans “Le suicide commercial des grands groupes 2”

  1. fredle 26 mar 2008 à 16:15

    Coup de théâtre : une des banques françaises me rappelle pour me dire que c’est possible !

    Ceci sous réserve que je leur refile le bilan de la société chaque année pour l’éplucher.

    Coût : 250 euros /an environ.

    Pour la petite histoire, ils ne fonctionnent que par fax pour les demandes d’opération, et saisissent eux même les virements éventuels.

    T’as vachement la main sur ton business comme ça :roll:

  2. Sumatrale 27 mar 2008 à 15:36

    C’est pas la banque Martinez le nouvel établissement ?

  3. Guillaume Dretzle 27 mar 2008 à 18:01

    Des fois j’ai envi de rire … mais non il faut pas c’est déplorable.

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