jan 08 2008
Chute des ventes d’albums en 2007
Oh quelle surprise !
On nous apprend que les majors ont encore vu le nombre d’albums vendus chuter en 2007.
On entendra bien sûr ces majors pleurnicher sur leurs benef, les pauvres…
Et bien je ne les plains pas, en économie c’est comme cela que cela se passe pour tout le monde : quand on met trop de temps à réagir, quand on ne suit pas les modifications technologiques, quand on s’accroche à un modèle économique (dépassé) en croyant que faire des procès suffira… on obtient ceci :
l’incapacité à se réinventer pour faire face à l’évolution d’une industrie qui conduit à l’échec.
De leur point de vue, c’était mieux avant, il y avait moyen de se graisser avec la disparition des vinyles : le CD a 15 - 20 euros en moyenne (même 50 ans après son enregistrement) et ces cons de consommateurs bien obligés d’y passer pour écouter leur musique favorite, le pied !
Et puis vint l’ère numérique. Les majors n’ont rien changé et se sont cassé les dents sur les centaines de milliers de gogos, prêts à payer pour acheter les 2 ou 3 morceaux qui les intéressent dans un albums mais ne faisant face à aucune offre structurée par les majors en téléchargement légal alors que le peer to peer lui offre cette possibilité !
Les majors pendant ce temps, font des procès à des pirates du fin fond de la Creuse, pendant que le peer to peer devient la norme, pleurnichent dans les médias, engagent des lobbyistes pour influencer les gouvernements, font inventer les DRM… bref réagissent comme des abrutis, se mettant au passage à dos les consommateurs, qui ne sont pas prêts de leur pardonner.
Et voilà comment on se gauffre lamentablement, pour cause d’abus de confiance en sa propre suprématie et d’aveuglement total.
Facile et habituel de mettre sur le dos de l’autre les raisons de sa propre incompétence.
Radiohead vient de donner un coup de pelle supplémentaire à la tombe : vendre ses morceaux en téléchargement, sans aucun label, et au prix que veut (peut ?) donner l’acheteur. Faisant cela, ils ont décuplé leurs gains.
Qui a dit que le consommateur de musique numérique était un pirate qui ne voulait que du gratuit ?
Je ne crois pas un seul instant qu’il s’agisse de l’immense ma jorité, bien au contraire. Alors certes, le téléchargement illégal de musique s’apparente à de la piraterie, mais
Si l’industrie du disque avait réagi positivement et à temps, le consommateur aurait intégré ce mode de consommation dans sa démarche.
Au lieu de ça, ils ont préféré tenter de stopper l’évolution technologique du monde : faut-il un ego démesuré pour croire que cela aurait pu fonctionner ?
Alors non, je ne plains pas les majors…
Je plains les artistes dans une certaine mesure, en tout cas les plus connus, qui eux perdent réellement le fruit de leur travail. Pourquoi “dans une certaine mesure” ? Parce que les plus petits, eux, trouvent dans ces pratiques un moyen inespéré d’être écouté et appréciés puisque les majors bouchent le passage des heures d’antennes radiophoniques avec “leurs” artistes phares.
Quelques stats :
500 millions d’albums CD vendus en 2007 (avecd une moyenne de 14 morceaux par CD = 7 milliards)
844 millions de morceaux numériques vendus en téléchargement en 2007 (en progression : 588 millions en 2006)
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