déc 01 2008

Crise : à force d'y croire

Publié par fred à 11:26 dans la catégorie humeur

L’humain est vraiment une bestiole complexe et bizarroïde.

A l’heure ou j’écris ces lignes, le monde est convaincu qu’il va plonger dans la crise, et ce grâce à nos amis financiers dont la profondeur de la connerie n’a pas d’égal.

Chouette, on en avait bien besoin d’une bonne crise !

Et donc notre humain se résigne à cesser de consommer, de vivre presque, se meurtrit à coup de frustrations : « bein oui, c’est la crise qu’ils disent« .

Se faisant, il y va tout droit sans plus se poser de questions, sans remettre en cause le fait établi, abandonnant sa volonté de se battre.

Ayé, le pavillon est baissé pour 2 ans voire 3, ce qui ne paraît pas impossible lorsque l’on voit la frilosité des uns et des autres (je parle des acteurs économiques), à se regarder agir en chien de faïence avant de bouger eux-même, prêts à dire qu’ils furent les 1ers à entrevoir le bout du tunnel.

A peine relevée la tête, disons fin 2003, suite à l’effondrement de la bulle internet de 2001, provoquée là aussi grâce aux judicieux et irraisonnés conseils d’investissement de nos financiers (dont le QI est proche de celui d’une huître je pense), nous avons donc eu à peine 5 années pour nous refaire avant de replonger.

Franchement, comme si on avait que ça a foutre d’être en crise, hmm ?

Alors je veux bien comprendre qu’en alignant conneries sur conneries, nos joyeux yuppies financiers se sont pris les pieds dans le tapis, ont reproduit une énième fois la même bêtise à savoir raisonner sur l’ultra court terme plutôt que d’avoir une vision moyen et long terme.

Pourtant ce n’est pas faire preuve d’intelligence que de raisonner comme un poisson rouge, quand on voit les pertes que ça provoque, non ?

A oué ça c’est des performances les gars !!! Bravo !

Je sais pas moi, ça me paraît d’un basique ce raisonnement que j’en viens presque à me demander si c’est moi qui suis un con parfait qui n’y bite rien (pas de commentaires à ce sujet, merci :-) ).

Donc nous sommes en crise, mais plus nous nous en convainquons plus nous y plongeons. Cool !

Responsabilité des médias ?

Etudions cela à l’échelle de la France, vu par le prisme des médias.

Les statistiques de l’audimat télévisuel français, dont je rappelle la règle de fonctionnement : faussées et erronées, mais depuis toujours donc constituant tout de même un repère (non mais franchement…) euh… j’en étais ou ?

Ah oui, nos fameux chiffres d’audimat de la télé, pardon.

Si je m’en tiens à ces données faussées donc, pas moins de 15 millions de français (à la louche hein) s’assoient tous les jours dans leur canapé pour regarder le JT de 20h.

Devant leur écran, ou à table avec un litron de rouge peu importe, depuis début novembre, on leur martèle 10 minutes de crise financière pure, et 10 minutes de conséquences au niveau de l’économie française.

Ajoutons à cela la radio, la presse papier et les discussions à la boulangerie du coin…

A ce jour, ça fait donc plus de 30 jours que ça dure, suffisant pour en être convaincu non ? A la limite du lavage de cerveau.

Comme d’habitude, les médias font leur chou gras de ce qui buzze. En ce moment c’est la crise, ah ok, on va parler que de ça… et faire baisser nos revenus publicitaires au passage.

C’est un peu se tirer une balle dans le pied je trouve. Mais bon, il faut se rappeler qu’à la tête des médias, il y a aussi des financiers comptables, ciblant le dieu audimat, donc tout ceci est cohérent.

Y a pas plus cohérent que la connerie de toutes façons.

Donc à mon avis oui, les médias ont une sacrée responsabilité dans la propagation de l’état d’esprit lié à la crise, dans son impact et dans sa pérennité.

Ne me faites pas dire que la crise est de la faute des médias, non, ça on va le laisser aux demi-dieux de la finance, et à leurs analyses légères du bocal.

Les investisseurs aussi font cause commune avec leurs branleurs de conseillers financiers, en dépit du bon sens.

Les médias, eux, ne constituent qu’une caisse de résonance. Mais l’impact est énorme et les conséquences aggravées.

Et des infos « goût crise » on en prend pour 2 ans au minimum, armez vous de patience avant de voir fleurir les bonnes nouvelles.

Internet face à la crise

Internet ne sera pas épargné par le mouvement. Même si pour le moment le secteur semble être un peu moins impacté.

Si l’on excepte les sites de e-commerce et les affiliations, touchant plus à la consommation et devenant de fait un acteur économique classique impactés par la baisse de la consommation, les conséquences commencent à se faire sentir sur la publicité, communiquer n’étant plus dans les priorités des annonceurs.

L’audience du média internet ne diminuera probablement pas, je dirais même au contraire.

Mais les revenus au CPM (affichage) et au CPC (clic) ou au CPA (action de dépense), eux, vont baisser. Loi de l’offre et de la demande oblige.

Va pas falloir baisser les bras, et se défoncer au travail pour maintenir un niveau suffisant de revenus.

Conclusion

Il ne s’agit pas de se mettre la tête dans le trou, bien au contraire, mais de faire au mieux pour limiter les conséquences de difficultés rencontrées à un moment donné face à une situation économique particulière.

Les banques ont déconné ? ok, soit, on a l’habitude. Qu’elles se démerdent pour s’en sortir (les milliards sortis d’on ne sait où devraient les y aider), du moment qu’elles continuent à jouer leur rôle, à prendre leurs responsabilité.

Les médias, dans leur capacité à insuffler des idées, à générer et maintenir un état d’esprit, ont eux aussi une responsabilité. Sans faire prendre aux auditeurs des vessies pour des lanternes, ils ont la capacité de varier leurs sujet, de donner autre chose que des mauvaises nouvelles, de participer à l’effort pour limiter l’impact de la crise.

Mais là on entre, je vous l’accorde, dans l’utopie.

La conscience nationale, voire internationale dans le cas présent, n’existe pas au niveau économique. Et c’est bien ce qui pose problème.

La question qui me reste en tête est la suivante : à qui profite donc cette crise ?

Alors je vous le dis comme je le pense : moi je suis pas crise, rien à péter. Tout va à peu près bien et tout ira pour le mieux, vala.

Ce sera donc le seul et unique article au sujet de la crise sur le blog de fred.

Bon, je vous laisse faut que j’aille chez LIDL c’est moins cher, et je pense que je ferai moins de chiffre d’affaires quand même l’année prochaine.

One response so far

1 commentaire dans “Crise : à force d'y croire”

  1. Pot de Yahourtle 06 déc 2008 à 14:30

    Suis assez d’accord avec ton point de vue… à force qu’on nous dise que c’est la crise, les gens finissent par y croire… notamment l’individu lambda qui ne suit pas forcément la finance et l’économie de près… : si la télé le dit alors c’est que ça doit être vrai… faut pas trop dépenser.

    Ceci dit, j’étais content de voir que les magasins étaient bondés le samedi des la mi-novembre et des gens qui faisaient la queue au papier cadeau ^^

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